Jeudi 11 décembre, professionnels de la jeunesse et du numérique se sont retrouvés à Vandœuvre pour une journée d’échanges. Au programme, plusieurs ateliers thématiques animés par des experts : un jeu autour des droits et des devoirs avec Arthur Petit, un temps d’échanges sur le jeu vidéo avec Vanessa Lalo, un « world café » sur les réseaux sociaux avec Béatrice Kammerer et un temps d’échanges sur la désinformation avec Anne Cordier.
Merci beaucoup à tous les participants pour leurs questions pertinentes tout au long de la journée, à nos partenaires, en particulier la Direction Départementale Emploi, Travail et Solidarités de Meurthe-et-Moselle, et encore merci aux experts d’avoir partagé leurs connaissances avec nous.
Si la thématique vous intéresse, vous pouvez retrouver le guide « Ado et numérique », qui creuse encore plus les thématiques.
Si vous n’avez pas pu être présents lors de cette journée, voici un bref résumé des ateliers :
Droits et devoirs
Pour cet atelier animé par Arthur Petit, coordinateur des Conseillers numériques du département, le groupe a pu échanger en répondant aux questions du jeu « la Fresque du cybercitoyen« , un jeu déployé par l’éducation nationale pour sensibiliser les adolescents à la sécurité numérique. L’occasion pour les participants de (re)découvrir les ressources existantes pour accompagner un adolescents victime de cyberharcélement (comme le 3018), mais encore de faire un rappel sur les droits des jeunes comme le droit d’exiger qu’on supprime des images d’eux publiées en ligne !
Armée de leurs connaissances acquises en répondant au quiz, les joueurs ont ensuite du réfléchir aux réactions adaptées face à trois types de situations : l’usurpation d’identité, le chantage et la manipulation à l’aide de contenu trouvé en ligne, ou encore le harcèlement par messages sur les réseaux sociaux. Si il n’existe pas de réponse universelle efficace, plusieurs bons réflexes peuvent être adoptés : garder des preuves, signaler les contenus, contacter les dispositifs dédiés, bloquer les utilisateurs problématiques, changer son mot de passe…
Jeux vidéo
Avoir une pratique excessive des jeux vidéo, terme préféré à celui d’« addiction », n’est pas la preuve que les jeux vidéo sont nocifs en soi, mais plutôt celle d’un symptôme souvent plus profond et parfois multifactoriel d’un mal-être. Cette pratique est d’ailleurs souvent accompagnée d’autres signes distinctifs comme le manque d’appétit, l’isolement, l’insomnie…
Par conséquent, culpabiliser les jeunes et les parents s’avère plutôt contre-productif, voire destructeur. La psychologue Vanessa Lalo préconise surtout l’écoute et l’accompagnement des familles afin de permettre aux parents, mais également aux accompagnants (éducateurs, animateurs, médiateurs…), de comprendre nos ados et de travailler sur les causes réelles des problématiques rencontrées.
Désinformation
Le saviez-vous ? Ce sont les plus « vieux » qui partagent le plus de fausses informations en ligne, et non les adolescents ! Il y a pas mal de fausses idées qui circulent sur les adolescents et leur rapport à l’information. Pourtant, les jeunes s’informent, mais pas forcément sur l’actualité (sur la culture, sur leurs passions…) et pas dans les médias « classiques ». Les participants à ce temps d’échange avec Anne Cordier, Professeure des universités en information-communication, ont ainsi pu questionner les sources d’information des jeunes, leur manière de les consommer, de les questionner.
Anne Cordier a également pu témoigner de ses nombreux ateliers avec les adolescents, et des échanges qu’elle a sur la thématique avec eux. Elle nous a partagé par exemple une expérience intéressante : avec un professeur documentaliste dans un établissement, ils ont constaté que le créateur de contenu Tibo InShape était cité par les jeunes comme une des personnes auprès de qui ils se renseignent le plus et ont confiance. Or, cette personne a de nombreuses fois partagé des contenus problématiques (contenu médical faux par exemple). Comment faire donner du recul aux jeunes sans faire un discours moralisateur ? La chercheuse et l’enseignant ont décidé de prendre le problème à l’envers : lors de l’année scolaire, ils n’ont jamais parlé de Tibo InShape, mais d’autres créateurs de contenus plus sérieux, en expliquant comment ils créaient leur contenu, comment on vérifie une information… En fin d’année, ils ont redemandé aux jeunes quelles étaient les créateurs de contenus auxquels ils faisaient confiance : Tibo InShape était descendu très bas dans la liste ! Simplement en outillant les jeunes pour avoir un esprit critiques, ils ont été capable de juger par eux même du contenu qu’ils trouvent pertinent.
Réseaux sociaux
Béatrice Kammerer nous a proposé un Word Café pour travailler sur la question des réseaux sociaux et des enjeux qui y sont liés, en réfléchissant autour de quatre thématiques : les algorithmes et la bulle informationnelle, l’identité numérique et la gestion des données personnelles, la régulation des usages et la lutte contre la cyberviolence.
Les participants ont abordé des points essentiels comme les alternatives aux écrans, la formation des professionnels et des parents (les risques, le règlement RGPD…), ainsi que l’anonymat sur les réseaux sociaux. Fil rouge de la journée, l’écoute et l’accompagnement restent les moyens les plus efficaces pour faire du numérique un espace d’échange et non plus « l’ennemi » de la société.

















