Article rédigé par Carole, bénévole à la Fabrique à l’initiative de l’atelier Les Fées du numérique. Après un atelier au théâtre en décembre, les Fées ont découvert l’orchestre symphonique de Lorraine en janvier.
Ce jeudi 8 janvier 2026, les Fées du Numérique sont allées à la découverte d’une « générale » de l’orchestre symphonique de Lorraine à la salle Poirel,
Le premier concert, de Krzysztof Penderecki, est à la mémoire des victimes d’Hiroshima , intitulé « thrène à la mémoire des victimes d’Hrioshima », Cette musique a résonné comme un cri angoissant, les spectatrices en frissonnaient ! Ce véritable cri orchestral interroge l’au-delà après l’apocalypse. cette partition déchirante du jeune compositeur polonais en 1960, est écrite pour 52 instruments à cordes. L’œuvre ne comprend aucune mélodie mais fonctionne comme une suite de climats émotionnels souvent oppressants et de clusters (agrégats de notes ).
Le deuxième concert est celui de Claude Debussy , intitulé « prélude à l’après-midi d’un faune », avec le thème de la flûte. Cette courte partition aura des répercussions considérables sur toute la musique postérieure. La légèreté de touche millimétrée et la fraîcheur envoûtante de l’orchestration provoquent un émerveillement que rien n’émousse, et confère à cette musique une sorte d’ éternelle jeunesse ! Un précieux contraste avec la mélancolie, comme un appel à la résilience et à la vie. Elle marque le départ de la musique moderne « et après ? » semble-t-elle lancer à ses contemporains en forme de défi. Plus douce, plus légère, certaines fées se détendent voire s’assoupissent… !
Pour le 3ème concert, la musique de Francis Poulenc nous conquit avec un piano et un ensemble de mélodies éparses, à l’inspiration vive et spontanée du « concerto champêtre », de 1949. Le compositeur fait un hommage secret à l’esprit du Paris des Années Folles, avec une citation d’un rythme brésilien pour symboliser la vie trépidante de la capitale et son esprit canaille ce qui n’aurait pas convaincu la critique de l’époque. « Et après? » aurait pu dire Poulenc puisqu’il nous a convaincues avec une échappée vers notre imaginaire : certaines spectactrices rêvaient de danse, d’autres d’animaux, d’autres encore de dessins animés. Chacune a su apprécier la pianiste virtuose.
Pour terminer, avec Arthur Honnegger, la question de « l’après » prend tous sens : le compositeur, humaniste, a voulu « symboliser la réaction de l’homme moderne contre la marée de la barbarie, de la stupidité, de la souffrance, de machinisme, de bureaucratie qui nous assiège… » (en 1946). Sa symphonie n°3 composée d’un « requiem » qui s’abat sans répit sur l’auditeur comme la colère divine, puis à nouveau le cri pour l’adagio, et une intense méditation aux accents de prière pour le dernier mouvement dont la marche répétitive et stagnante débouche sur urne lumière inattendue : image de « ce que pourrait être la vie dans la fraternité et un amour réciproque ». C’est une note d’espoir d’une rédemption après les ténèbres au terme d’une mélodie singulière qui se balance et nous invite à réfléchir et, qui sait ? Espérer.
Chacune a pu prendre du plaisir à écouter, à s’émouvoir et à vibrer !












